Contrat de rivière Dyle-Gette

vendredi 15 décembre 2017

L’ eau, source de vie à La Marache

L’eau est omniprésente au Refuge Naturel de La Marache à Ohain. Outre le bucolique Smohain qui serpente au creux de la réserve, au moins 3 sources jaillissent sur ce petit lopin de verdure.

Mais tout d’abord, d’où proviennent ces sources ?

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Il y a environ 60 millions d’années, notre Brabant wallon était recouvert par une mer qui a déposé, en quelques millions d’années, d’abord une grosse couche d’argile suivie ensuite d’une épaisse couche de sable jaune et enfin, plus près de nous dans le temps, c'est-à-dire il y a quelques millénaires, les tempêtes venteuses du Nord ont apporté les sédiments fins du limon, si précieux en agriculture.

Lors des périodes pluvieuses, l’eau de pluie va percoler au travers du limon des champs et des prairies avoisinantes puis, s’infiltrer rapidement au travers de la couche de sable et venir s’accumuler dans la nappe phréatique au niveau de la couche imperméable d’argile. L’eau, cherchant alors un passage, va resurgir au point de source.

Dans le Refuge naturel, une première source, très active, alimente en continu les deux mares dont le trop-plein se déverse dans le ruisseau du Smohain qui borde la réserve. Une deuxième source prend naissance sous l’étable, s’écoule dans des drains ouverts (petits fossés) avant de se déverser dans une troisième source qui, elle, s’échappe du sol dans un terrain voisin et s’en va rejoindre le Smohain. Dans ces fossés, on peut y observer le cresson de fontaines qui apprécie particulièrement les eaux fraîches des sources.

Toute cette eau à foison permet en outre le développement de plantes dites hygrophiles et inféodées aux milieux humides.
Dans la strate arborée, on peut observer les emblématiques saules têtards qui ceinturent une partie du refuge ainsi que les aulnes glutineux plus présents, quant à eux, dans la partie boisée. Parmi les plantes herbacées, le promeneur pourra découvrir au printemps les feuilles imposantes du grand pétasite (photo 1) et en été, l’odorante reine des prés (photo 2), la blanche-rosée valériane officinale (photo 3), l’angélique sylvestre (photo 4), le cirse maraîcher (photo 5) ou encore la splendide salicaire d’Europe (voir encadré). Quant aux animaux, les canards colvert viennent souvent barboter dans les mares de même que les crapauds, grenouilles vertes et rousses, divers tritons et libellules. Surpris dans sa quiétude par le passage d’un promeneur, le martin-pêcheur ou la bergeronnette des ruisseaux s’envolent rapidement entre les deux rives du Smohain.

 

Petasite Reine des pres Valeriane officinale
Angelique sylvestre Cirse maraicher  

Focus espèces

Salicaire d'Europe

Salicaire dEurope CRDGa  Salicaire dEurope CRDGb

La salicaire d’Europe est une plante des milieux humides commune en Wallonie et également bien présente dans le bassin Dyle-Gette. Ses longs épis floraux rose-violacés ne passent pas inaperçus et attirent une myriade d’insectes pollinisateurs. Sa taille à maturité est de 1,5 mètre mais, selon les endroits et la richesse du sol, elle peut atteindre les 2 mètres. On peut la rencontrer sur tout type de sol à condition que ce dernier soit hydromorphe ; elle poussera donc plus volontiers en prairies humides et en marais ou le long des étangs, mares et autres berges de cours d’eau. Pensez à elle si vous souhaitez végétaliser les bords de votre plan d’eau ou les abords du ruisseau qui traverse votre propriété.

Le saviez-vous ?

Alors que cette belle demoiselle égaye nos paysages humides avec ses taches de couleurs, en Amérique du Nord, en Afrique du Sud, en Australie ou encore en Nouvelle-Zélande, la garce se comporte comme la balsamine de l’Himalaya chez nous. Privé de ses compétiteurs naturels, elle se répand largement dans les milieux humides de ces régions et menace gravement l’espèce locale de salicaire (salicaire ailée), au point d’être considérée comme une des principales espèces végétales exotiques envahissantes.

Le Refuge Naturel modèle de la Marache est situé à proximité du n°51 le long de la Route de la Marache sur la commune de Lasne. Il est parcouru par un sentier didactique accessible pour les personnes à mobilité réduite.

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez consulter le descriptif de ce refuge naturel et des autres réserves naturelles brabançonnes sur le site internet de la Régionale Natagora Brabant wallon
Vous pouvez également prendre directement contact avec le conservateur de cette réserve (et l’auteur de cet article) : Noël De Keyzer (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou au 0475 74 53 49).

Au plaisir de vous y rencontrer.

Noël Dekeyzer

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