Contrat de rivière Dyle-Gette

dimanche 24 octobre 2021

La Dyle et ses affluents à Genappe

Vous allez découvrir la multitude de ruisseaux et de ruisselets affluents de la Dyle invisibles à l’homme. Ils sont cependant capitaux pour le bon équilibre naturel.
On ne peut décrire la Dyle et ses affluents sans se référer aux anciennes entités regroupées dans le Grand Genappe. Cette commune est la plus étendue de la Province du Brabant wallon. Elle a un relief élevé alimentant les sources de nombreux cours d’eau à commencer par la Dyle elle-même qui sort de terre à l’altitude de 140 mètres ainsi que le Ry-d’Hez (130), le Cala (130), la Falise (130) et les autres petits affluents.
Quatre mots résument le bassin de la Dyle à Genappe : moulin et activité industrielle, paysage, pont, fontaine.

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Pont sur la Dyle, dit aussi Pont Van Dooren(se prononce “Van’dor”) collection Robert Martin

L’importance de la force motrice tirée de la Dyle et de ses affluents est attestée en premier lieu par 19 moulins. Certains d’entre eux sont à l’origine d’une importante activité industrielle aux XIXe et XXe siècles, décrite en de nombreux articles du Cercle d’Histoire du Pays de Genappe sur l’histoire industrielle
(CHAPG).

Un lien émotionnel fort s’est tissé entre les habitants et la rivière. Les paysages sont chantés par les poètes. Les plateaux creusés par la Dyle et ses affluents en font le charme, différents sur chaque commune du Grand Genappe.
Depuis l’époque romantique, fin du XIXe, la Dyle est source d’inspiration. Le poème de A. Muzette publié dans “Si Bousval m’était conté” de G. Deltour est un bon exemple :

Riant, plein de fraîcheur, caché dans la nature,
Blotti dans des vallées où les ruisseaux murmurent,
Bousval, tu es pour nous le coin de poésie
Le plus beau, le plus doux de notre Wallonie.

La Dyle, pour te combler, doucement se faufile
Entre tes deux coteaux, abreuvant une file
De saules tortueux dont les branches ployées
Vibrent de mille cris d’oiseaux dans la ramée

Le 4 juillet 1976, l’ancien bourgmestre de Bousval, Georges Gossiaux, dans son discours d’accueil du nouveau curé, l’abbé Guy Wittouck, lui souhaite “un bon séjour dans les vallées de la Dyle et de la Cala” (G. Deltour, Bousval en Brabant wallon, p.52).

La mémoire collective a retenu l’aspect stratégique des ponts sur la Dyle lors d’événements guerriers: la veille de la bataille de Waterloo le 17 juin 1815, les forces anglo-hollandaises empruntent trois ponts: ceux de Loupoigne, de Thy et de Genappe. Et quelques heures plus tard, par où sont passés les 100.000 fantassins français et la cavalerie et l’artillerie? Par le pont de Genappe mais aussi par les ponts des environs ou via les gués. Et le soir du 18 juin après la défaite française de Waterloo, les troupes repassent sur ce pont de 2,50 mètres à Genappe pendant que des combats d’arrière-garde tentent de retenir les attaques de la cavalerie Prussienne. À cause de ce goulot, Napoléon lui-même doit abandonner, dans cette débandade, sa berline impériale. Il passera la Dyle à Ways.
De même lors de la guerre 1940-1944, les ponts sont restés importants. Ils sont tous minés par les alliés lors de la contre-offensive allemande en décembre 1944.

Les fontaines, et toutes les sources qui pendant des siècles ont alimenté la population en eau potable, sont bien connues et ont laissé des traces.
Les rivières ont toujours inspiré les habitants de Genappe qui ressentent un lien fort avec leur milieu naturel. Ainsi durant la période romantique fortement inspirée par la nature, vers la fin du XIXe et au début du XXe siécle, on utilisait encore l’expression “ru et vallon” : “ru” pour rivière et souvent associé à “vallon”, petite vallée typique de la haute Dyle. Cette expression verbale est bien le témoignage que ces deux éléments naturels ont eu une forte influence sur les sensibilités créatrices et artistiques des milieux culturels locaux. À Bousval, un cercle dramatique et musical s’appelait “Les murmures de la Dyle” et un autre cercle “l’Écho du vallon”, lui succéda jusqu’en 1914. C’est maintenant au tour d’associations de défense de l’environnement luttant contre les nuisances de toutes sortes de se référer à la Dyle. Ainsi l’association “Environnement-Dyle”, créée en 1994, a succédé à une autre association du même type du début des années 1970, “Val de Dyle”. Les écologistes de Genappe ont donné à leur périodique trimestriel le nom “I’Dyle Verte” et des sportifs avaient fondé à Ways en 1971 un club de spéléo “La vallée de la Dyle”.

PROMENADE LE LONG DE LA DYLE ET SES AFFLUENTS DE SA SOURCE À HOUTAIN À LA SORTIE DU TERRITOIRE DE GENAPPE À BOUSVAL

HOUTAIN-LE-VAL

La source de la Dyle sort de terre dans un bosquet en amont de la cense de la Hagoulle. Depuis le 3 décembre 1991, la compagnie des eaux (IECBW) a installé une station de pompage à la source même de la Dyle. L’eau est pompée à 65 m de profondeur. Un procédé unique en Belgique permet l’élimination naturelle du fer de l’eau par le sol. Cette eau est pure et sans nitrate. La source provient d’une nappe de surface qui donne un débit de 25 à maximum 40 m3/ h .
L’intercommunale en capte environ 25 m3 et “rejette” l’excès dans la rivière pour ne pas l’assécher. Le minimum légal de rejet dans la rivière est de 2 m3/h.(Véronique Vander Meiren, Genappe et ses villages, Août 2004, p. 93-94). 
Un premier moulin, le Moulin banal d’Houtain, déjà cité en 1410, fut désaffecté avant 1947 (Vincent Vangrunderbeek, Les moulins à eau de la haute Dyle, CHAGP, LR, 1/1996).

Un accident mémorable et pénible

En 1847 les fils du mayeur de Loupoigne, Pierre et Jules, pêchent dans la Dyle, entre le château d’Houtain et le sentier de la Waronche. Ils ont 19 et 24 ans. Ils n’ont pas respecté les consignes de la tradition du village. Ils s’enfoncent dans les “boulants”, des marécages qui les engloutiront. La mémoire de cet évènement sera perpétuée par un monument érigé par leur père, Théodore Deville, derrière le choeur de l’église de Loupoigne : “Ils ont péri ensemble le 31 juillet 1847”. Théodore Deville a été par ailleurs membre du Congrès National de 1830 et Bourgmestre de Loupoigne pendant 37 ans. Le registre paroissial qui transcrit la date de leur décès est accompagné d’un poème rédigé par le curé de Loupoigne, l’abbé Hallard :

Frères par l’amitié comme par la naissance
ils vivaient pleins de joie et de douce espérance
dans l’avenir, pour eux souriait le bonheur !
et voilà qu’en un jour de deuil et de malheur
l’impitoyable mort sur leur tige encore verte
les brise tendres fleurs... et leur place est déserte
avec eux meurt un nom riche en nobles vertus.

Toujours à Houtain, la nouvelle station d’épuration de 1.000 équivalent-habitant, installée en 2001, est située en aval du château pour épurer les eaux du village.
Peu après le sentier de la Waronche, on observe une baïonnette sur la rivière : le cours de la Dyle forme un angle droit. Ce coude serait dû au travail de l’homme pour empêcher la rivière de suivre son cours naturel et la dévier vers une assiette légèrement supérieure pour augmenter la dénivellation de la chute du moulin suivant, le moulin de Loupoigne.

LOUPOIGNE

Le moulin de Loupoigne est connu dès 966, et sa roue hydraulique faisait tourner trois couples de meules. Juste avant le moulin, un premier affluent le Ry d’Hondeuse (source située près des carrières de marnes) alimenté par le Ry de Davipont (source prairie de Banterlez) rejoint la Dyle. Il est suivi du Ry de Cireuse. On raconte à son sujet qu’une canalisation avait été installée au XIXe siècle entre sa source et le château de Loupoigne. La dénivellation permettait une pression qui amenait l’eau au premier étage.
Le pont de Loupoigne: la tradition orale parle d’un pont romain, ancêtre du pont actuel.

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Église et Moulin de Loupoigne, avant 1911 collection Robert Martin

VIEUX-GENAPPE ET GENAPPE

Cette commune est si étendue qu’elle cache des recoins inattendus comme le moulin Tas (CHAPG, LR, 200/3). Situé à la limite de l’ancienne commune de Plancenoit, il est alimenté par les sources de la Lasne et le Ry des Brous. Le moulin date de 1801. Depuis, il a laissé des traces dans les archives judiciaires et administratives.
Des travaux hydrauliques ont été contestés, surtout la hauteur maximum de la retenue des eaux, passée de 3 mètres en 1801 à 3,90 mètres quelques années plus tard. Ce niveau était appelé «clou de jauche». Fiché dans un des montants, il indiquait le niveau d’eau nécessaire au bon fonctionnement du moulin. Le meunier est surveillé de peur qu’il n’inonde intempestivement les alentours.
L’appareil administratif et technique de contrôle du XIXe siècle est un exemple de régulation sociale. La liberté d’entreprendre est toujours surveillée dans l’intérêt du bien commun. C’est dès 1903 que la C.I.B.E achète le moulin et la propriété.
Le Fonteny prend sa source près de Promelles. Depuis lors un captage de la CIBE a domestiqué cette prise d’eau. Le cours de la rivière descend vers la route de Nivelles et le chemin de fer. Il est à nouveau alimenté par les nombreuses sources qui longent la voie ferrée. Il se déverse dans la Dyle, à la limite des silos de la sucrerie, juste avant qu’elle fasse un coude en angle droit.
Le Ry de la Cour des Moines, après un parcours plein sud bordé de saules, se déverse dans la Dyle.
Le Ry des Crawannes (ou de la Crawanne, 1850) part derrière la ferme de la Posterie, passe en souterrain sous le centre de Genappe et rejoint la Dyle à l’ancien moulin Camusel.
La Dyle déborde parfois et, en 1893, toute la place de l’ancienne gare de Genappe est inondée.
Une importante chute de neige a été suivie d’un dégel très rapide. Cette scène fut peinte sur un mur  intérieur du café de la Gare, le local colombophile de René Wauthier. Il vient d’être repeint.
Cette scène sera restée près de 100 ans, ce qui témoigne de l’attachement aux traditions et aux événements marquants de l’histoire.
Heureusement, la fresque a été photographiée par le Cercle d’histoire avant sa disparition.
Toujours aux environs de l’ancienne gare de Genappe, c’est à l’entrée de Genappe en venant de Charleroi que s’élevait la forteresse du château de Lothier. C’est là que vécut durant son exil le Dauphin de France, futur Louis XI. Cet ancien château de Genappe a laissé dans ses archives une comptabilité précise. En 1434, on y trouve des dépenses de travaux de dérivation de la Dyle pour une meilleure défense du château : creusement en profondeur du lit de la rivière d’une part et d’autre part creusement d’un grand vivier (étang).
Le Ry du Pré du roi (ou des Prés du roi) prenait sa source dans ces étangs qui entouraient le château de Genappe. Ce dernier est démoli à partir de 1671 par les Espagnols de crainte que les armées de Louis XIV ne s’installent trop près de Bruxelles. Sur un plan de 1685, le Pré du roi est noté S.M.J. (Sa Majesté). Auparavant, un étang en forme de triangle s’étendait au-delà de la ligne de chemin de fer, couvrant en partie la sucrerie et ce jusqu’à la chapelle Notre-Dame de Lourdes sur la route de Loupoigne. Au XVIIe siècle, on retrouve dans des documents la fonction de “conducteur des eaux”. Cette fonction, plutôt technico-administrative, était élective au même titre que les échevins et le bourgmestre. Elle pourrait dater de la grande charte de 1303. La fonction était associée à la gestion des étangs du château. Elle disparaîtra en même temps que le château et les étangs (CHAGP, LR, 2000/3).
Le 2 août 1978, lors de travaux de voirie, une pelle mécanique perce un trou au milieu de la rue de Charleroi. On y découvre une voûte en pierre de taille. Le cercle de Topographie souterraine de Houtain-Le-Val, sous la direction de Jean-Claude Hanon, en fait un inventaire archéologique. C’est un conduit du milieu du XVIIe siècle, en pierre de taille avec des marques de carriers de Feluy et d’Arquennes. Ces très belles pierres semblent provenir du château de Genappe. Par ailleurs un plan de 1677, retrouvé par le même groupe à la section des cartes et plans de la Bibliothèque Royale, confirme leurs hypothèses. La confluence du Ry du Pré du roi avec la Dyle se situe au Moulin banal de Genappe.
Ce moulin était connu dès 1396. Après bien des péripéties, on lui ajoute en 1504 une troisième roue. Il était banal pour plusieurs localités environnantes : Vieux Genappe, Promelles, Gempioul, Vieux-Manants et Glabais, hameaux sans cours d’eau. Ce moulin de Genappe ainsi qu’un autre, installé un peu en amont, a servi durant six siècles à moudre la farine et les drèches, à fouler le drap, à platiner le fer, et à fournir la force motrice d’une papeterie et d’une industrie textile.

WAYS

Le Ry Aronelle prend sa source près d’un lotissement qui a pris son nom. Bordé de saules têtards, il traverse la route N5 Bruxelles-Charleroi, puis longe les prairies à la périphérie du centre de Genappe et se jette dans la Dyle près du terrain de football. Vers 1850, il activait une petite papeterie sur la route de Wavre.
La forge de la cour Thomas ou forge Hens débute certainement vers 1700. Au milieu du XIXe, elle a cinq roues hydrauliques qui actionnent 2 marteaux, 1 martinet et 2 souffleries. Quinze ouvriers au moins y travaillent : fer battu, bandages, essieux et fonderie. Un étang servait de réserve d’eau. Cette activité industrielle s’arrêta en 1890.
À hauteur de l’église de Ways, sur une longueur de seulement 400 mètres coule le Ry Saint- Martin. La tradition waysienne en a toujours fait un endroit “mystérieux et imprégné de sorcellerie”.
N’est-ce pas pour cela qu’on lui donna le nom du saint patron de la paroisse ? Sur un bâtiment à l’arrière de la cure de Ways, en 1822, un certain Piel installa une roue hydraulique pour alimenter une filature de laine. Toutefois il n’avait pas respecté le clou de jauche (voir plus loin) et dès 1833 il dut arrêter ses activités.
En face du site classé des montagnes de Thy, l’IBW a construit une station d’épuration d’une capacité de 9.800 équivalent-habitant. Elle est reliée à un important collecteur. Cette station fut inaugurée en 2000. Elle a dû se plier aux contraintes paysagères de respect du site qu’elle côtoyait et elle fut ainsi déplacée à l’orée du bois au-delà de la ligne de chemin de fer beaucoup plus haut.
L’eau y est acheminée par une pompe immergée  dans un puits de 18 mètres. C’est un résultat probant. L’ensemble des installations est absolument invisible et respecte ainsi le paysage initial.
Le moulin de Ways a toujours conservé son aspect primitif : un beau bâtiment avec son canal de dérivation bordé d’une rangée de vieux saules et son appareillage ancien. Il possédait deux roues hydrauliques et trois meules. 
Deux ruisseaux discrets alimentent ensuite la Dyle, le Pissebêche venant de la rive gauche (450 mètres) et un peu plus loin, rive droite, plus discret encore, le Ry du Pombroux ; il rejoint la Dyle à Thy après une bonne centaine de mètres seulement (d’après Claude Scarnière, Ways, village, village).

GLABAIS

Le ou la Cala sort de terre près de la N5 et de l’ancien restaurant de la Bonne ferme. Il passe dans des étangs de pêche pour se faufiler dans le bas du village de Glabais. Il alimentait d’abord le moulin Delay, encore à Glabais, et ensuite le moulin Sibille, déjà à Ways. Il passe dans une vallée froide avant de longer l’ancienne ferme de Glabjoux, actuel golf de l’Empereur. Il s’égaille ensuite et entre dans les bois du Ruart et se refait une santé en recevant le Ry del Wastez, site archéologique de la préhistoire.

BAISY-THY

Le Ry d’Hez et son affluent le Ry du marais des chiens partagent la même particularité, ils courent à travers champs et à travers bois, loin des chemins et des routes. Tous deux traversent cette sauvage route de Baisy à Sart-Dames-Avelines dans deux vallées assez profondes et parallèles. Le Ry d’Hez, après un long parcours toujours à l’orée des bois, arrive à son premier quartier habité où il actionnait  jadis le moulin du Fosty.
Le Ry de Gémioncourt, tout comme la Ferme du même nom, est tout à fait décentré par rapport aux autres rivières du Grand Genappe. Ils se trouvent à l’extrême sud du territoire de la ville sur la route N5 Bruxelles-Charleroi. Ce ry rejoindra la Dyle bien plus loin après un passage à Villers-la-Ville dans le Ry du Pré des saules et dans la Thyle. Le Ry de Gémioncourt aura vécu deux événements historiques. Le premier est l’arrivée des moines cisterciens en 1146. Gémioncourt fut leur première implantation avant le choix de Villers. Le second événement fut plus pénible: c’est la bataille des quatre bras de Baisy-Thy le 17 juin 1815, la veille de la bataille de Waterloo avec les charges de la cavalerie française du Maréchal Ney contre les carrés anglais, hollandais et prussiens. Près de 5.000 victimes dans les deux camps. Trois monuments commémorent ce lieu dont celui à la mémoire du Duc de Brunswick le long de la chaussée de Charleroi.

La Falise est la principale rivière de Baisy. Sa source est à 130 mètres d’altitude dans les étangs près de Chênemont. Elle passe sous le pont Labinia, évite les quartiers habités pour rejoindre le hameau du même nom ainsi qu’un moulin. Elle traverse ensuite le bois de la Tassenière pour finalement se fondre dans la Dyle à 90 mètres d’altitude après un parcours de 3.100 mètres à côté de très beaux étangs.

BOUSVAL

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La filature de Basse-Laloux, vue ici, avant 1914 collection Robert Martin

La Dyle atteint Bousval où sa force hydraulique a été largement utilisée. Dès son entrée, on trouve
les traces en briques des vannes de l’ancien moulin Franquen. Quelques centaines de mètres plus loin, à la rue de la Forge, l’actuel château des sources était le site d’un établissement industriel (forge) avec trois roues hydrauliques qui mettaient en mouvement une soufflerie et deux marteaux (1810-1909). Plus en aval le moulin des Marais, moulin à farine, fonctionna jusqu’en 1940. Il se trouve le long d’un joli sentier longeant la rivière. La Dyle atteint maintenant le centre du village. Elle entre aujourd’hui en ligne droite dans la propriété murée du château de Bousval, mais il faut savoir que c’est l’établissement de la ligne de chemin de fer qui rectifia la Dyle. La carte de Ferraris de 1775 la décrit serpentant en de multiples  méandres jusqu’à la grand route en passant par la rue des Brassines. Ici il faut rappeler l’aventure malheureuse de Louis Potty en 1713. Son fils de deux ans se noie dans la rivière. Ce père est soupçonné de crime et doit rendre des comptes à la justice. A l’époque, la rive gauche était de la juridiction de la Seigneurie de Bousval, tandis que la rive droite relevait de la Seigneurie de la Baillerie. Comme l’infortuné père connaissait mieux les échevins de la Seigneurie de la Baillerie, il a prétendu que son fils était tombé de ce côté-là pour être jugé par ces derniers. La cour lui reprochait de n’avoir pas rempli le devoir élémentaire de la «garde» de ses enfants. Le témoin à décharge qui le tira d’affaire était l’un de ces “brasseurs” particuliers, présent à sa brassine au moment des faits et qui put affirmer l’avoir vu accompagné de ses enfants. (Gaston Braives, Fermes de Bousval, CHAGP, p.14).
À Basse-Laloux, depuis le début du XIXe siècle, prospère une activité industrielle exploitant des laminoirs à fer et à plomb. Ils ont été remplacés dès le milieu du siècle par une filature qui occupa jusqu’à 150 ouvriers et ouvrières; elle subsistera jusqu’en 1964. La force motrice de la Dyle est renforcée par une large réserve d’eau sous forme d’un étang alimenté par un bief et une vanne sur la rivière. Une ancienne ouvrière raconte avec beaucoup d’émotion qu’entre 1920 et 1940, lorsque les métiers ralentissaient, le contremaître prenait son vélo, roulait un kilomètre jusqu’à la vanne et remontait le niveau d’une planche.
Traversés par la rivière, les bâtiments de l’ancienne filature sont toujours debout. Le Ry d’Hayette se faufilait derrière la ferme de Basse-Laloux. Il a donné du fil à retordre lors de la construction du viaduc de Bousval pour la RN25. Il coulait juste dans l’axe de la route. Il a été très difficile de le canaliser.
À Noirhat, au XIXe siècle, la papeterie Debroux avait avec une grande roue hydraulique d’une force de 20 chevaux. Ce fut le siège d’une intense activité industrielle variée (papeterie,tanerie, distillerie,...). Les méandres de la Dyle y avaient aussi été rectifiés pour améliorer le rendement de ces investissements techniques (CHAGP, LR, 1997/1).

La Cala entre à Bousval au fond du Sclage, puis arrive au Wanroux. Le moulin de La Motte n’est pas loin. Ce fut un des derniers moulins de la région encore en activité. Gunther Noack, le meunier de La Motte, le fit fonctionner jusqu’en juillet 1980. Toute la mécanique est encore intacte. Juste après, le Ry de Pallandt alimente à son tour la Cala. Ce ry semble avoir changé de nom: Pallandt est devenu Pallande car un investisseur immobilier a créé le lotissement de Pallande, n’écoutant que son oreille et ne vérifiant pas l’orthographe exacte... La Cala, après avoir serpenté dans la vallée au pied de la Chapelle de La Motte, arrive à son confluent à la limite des communes de Court-Saint-Étienne et de Genappe (Bousval).

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Le Moulin de Bordeau, ancien moulin seigneurial du XVe, connu de nos jours sous le nom de “Moulin de la Motte” vu ici avant 1910 collection Robert Martin

CONCLUSION

L’expérience historique de la gestion du clou de jauche est peut-être le symbole d’un équilibre entre l’initiative humaine et les forces de la nature. Puisse-t-il servir de référence à l’actuel Contrat de rivière Dyle.

Paul OLBRECHTS
Membre du CHAGP et d’Environnement-Dyle

NOTES

Cet article est extrait de "Histoire(s) en Dyle : Des hommes et de rivières en Brabant wallon", Centre culturel du Brabant wallon - Contrat de rivière Dyle, 2005

Cet article a bénéficié de l’apport de nombreux membres du Cercle d’Histoire et d’Archéologie du Pays de Genappe (CHAPG).
LR = Lothier Roman (périodique du Cercle d’Histoire).


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