Contrat de rivière Dyle-Gette

mardi 28 janvier 2020

Moi, Martin, stagiaire au Contrat de rivière Dyle-Gette

Etudiant en troisième année d’agronomie à La Reid, j’ai été accueilli par l’équipe de Contrat de Rivière Dyle-Gette pendant 3 mois pour un stage d’insertion professionnelle. J’y ai appris la diversité des actions menées ou suivies par le Contrat de rivière.

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Que ce soit la conciliation autour d’un barrage de castors, le contrôle des espèces exotiques envahissantes, la sensibilisation du public à petite échelle (nettoyage de rivières lors de team buildings) ou à grande échelle (projets de sensibilisation sur les avaloirs à l’échelle de la Wallonie), toutes ces actions apportent leur contribution à la protection de nos rivières. La stimulation des partenaires, pour élaborer un programme d’actions concrètes, est primordiale et permet la mise en place d’un MILLIER d’actions par cycle de 3 ans.

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La Dyle sous un soleil automnal Déchets ramassés dans la Dyle avec Aer Aqua Terra

Revenons sur deux actions que j’ai menées lors de mon stage au CRDG

J’ai pu réaliser l’inventaire de l’écrevisse indigène Astacus Astacus dans une ancienne carrière réhabilitée en réserve naturelle. Cette écrevisse, décimée par le champignon Aphanomyces astaci, a failli disparaitre de nos contrées à plusieurs reprises. Grâce à un plan de sauvegarde fin des années 90, elle fut réintroduite dans plusieurs anciennes carrières et étangs. Maintenues isolées des cours d’eau, ces populations subsistent sans être contaminées par ledit champignon. Il n’y a néanmoins pas de réel suivi quantitatif réalisé, et on ne sait pas toujours si les populations sont en bon état. J’ai donc réalisé plusieurs sessions de capture dans un de ces bassins et effectué les calculs statistiques permettant d’estimer la taille de la population. Les contacts du Contrat de rivière m’ont permis de rencontrer Roger Cammaerts, grâce à qui le projet est aussi abouti. Les conclusions sont que la population se porte bien, avec une bonne reproduction depuis 20 ans. Les données récoltées feront encore l’œuvre de tests statistiques, qui alimenteront mon travail de fin d’études. Tant que cette population restera isolée, elle continuera à prospérer, contrairement aux populations dans leurs milieux d’origine, qui ne subsistent plus qu’en un seul site en Belgique.

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Pose d’un point de vernis, pour la méthode de capture-marquage-recapture

J’ai également eu l’occasion de travailler sur un projet de paniers ou risbermes végétalisés. Le but est d’installer des paniers ou des boudins sur les berges verticales des cours d’eau, pour créer des frayères et des caches pour les poissons. Les plantes qui y vivent poussent « les pieds dans l’eau », et leurs racines forment un support favorable à la ponte des poissons. Dans le cadre de ce projet, j’ai rencontré Julien Gilles, de la Maison wallonne de la Pêche, qui a déjà réalisé ce type d’aménagements dans d’autres sous-bassins hydrographiques. Mon objectif étant de localiser les sites favorables à ces installations, j’ai d’abord réalisé une sélection à l’aide de l’indice Qualphy (données sur la qualité physiques des cours d’eau en Dyle-Gette, disponibles au CRDG). J’ai ensuite affiné cette sélection et vérifié par des prospections de terrain les sites sélectionnés. Ce projet est un bon exemple de la collaboration entre le Contrat de rivière et un de ses partenaires, la Maison de la Pêche dans ce cas-ci. Le Contrat apporte la connaissance du terrain et les contacts avec les gestionnaires, quand la Maison de la Pêche apporte les connaissances techniques et l’expérience. Une affaire à suivre en 2020...

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Paniers végétalisés installés par la Maison wallonne de la Pêche. Photo de la Maison de la Pêche

Une 3ème action (originale en BW) pour laquelle j’ai été « simple » observateur

J’ai aussi pu assister à un débardage au cheval de trait au bord du Henri-Fontaine à Hannut. Dans les milieux difficiles d’accès, le cheval de trait s’impose souvent comme la solution pour évacuer des arbres abattus. Les avantages de l’utilisation du cheval sont multiples. Contrairement à une débardeuse classique, le cheval tasse beaucoup moins le sol. Il cause donc moins de dégâts aux cultures et prairies d’accès à la rivière et ne détruit pas non plus la structure du sol. Sur une courte distance, le cheval est aussi plus économique qu’un tracteur ou qu’une débardeuse. Quand on sait qu’une débardeuse consomme entre 10 et 30 litres de carburant de l’heure, l’avantage du cheval de trait est significatif. Pas de pollution sonore ni de fuite de carburant non plus. Il peut tirer jusqu’à une tonne sur sol sec et plat.

Depuis deux ans, la Province de Liège a recours à cette méthode de débardage pour dégager les arbres tombés dans les rivières. Ces arbres présentent un risque, car les débris qui s’y amassent empêchent l’écoulement de l’eau, qui creuse alors les berges ou déborde plus facilement lors de crues, provocant alors des inondations. C’est le cas du Henri-Fontaine, où plusieurs saules s’étaient couchés dans le lit du cours d’eau. C’est suite à un appel d’offre que deux ouvriers se retrouvent dans la rivière pour couper les branches et les sortir du lit grâce à Eva, cheval de trait brabançon, et de son meneur, Xavier Anciaux, des Jardins d’ OO. Ici aussi tout est fait pour ne pas endommager le milieu : l’huile de tronçonneuse est biodégradable. Une fois le travail de débardage terminé, la différence de niveau d’eau est bien visible ! Le Henri-Fontaine coule à nouveau 50 cm plus bas que précédemment.

Le cheval de trait n’est pas le force de traction la plus présente dans nos régions, mais elle est un atout majeur pour le débardage en milieux difficiles, humides ou protégés. Le cheval de trait est aussi utilisé en réserve naturelle pour arracher des plantes exotiques envahissantes comme le Buddleia (arbre à papillon)

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Eva, venue à bout de cet imposant houppier  

Pendant ce stage, j’ai beaucoup appris sur les rivières, à quel point elles peuvent être belles lorsqu’on descend en kayak leurs méandres, et à quel point elles peuvent être maltraitées quand les eaux usées des habitations s’y déversent. L’inventaire des atteintes aux cours d’eau, la mise en place d’un programme d’actions, la sensibilisation des habitants comme celle des acteurs politiques, sont les moyens de défense de nos fragiles cours d’eau.

Merci à toute l’équipe du CRDG de m’avoir accueilli, de m’avoir emmené avec eux et de la confiance qu’ils m’ont accordée pour les projets confiés.

 

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